Mise à jour: 28/08/2015 à 10H01 GMT
 
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HAMAD KALKABA MALBOUM, PRESIDENT DE LA CONFEDERATION AFRICAINE D’ATHLETISME
«SEBASTIAN COE M’A PROMIS LE SECTEUR DU DEVELOPPEMENT»
Abdoulaye THIAM | 28/08/2015 | 09H47 GMT
 
(Beijing, CHINE) – L’Afrique attend beaucoup du nouveau président de l’Association internationale des Fédérations d’athlétisme, l’Anglais Lord Sebastian Coe. Déjà révèle, le président de la Confédération africaine d’athlétisme, Hamad Kalkaba Malboum, le successeur de Lamine Diack lui a promis le «secteur du développement». Ce qui devrait permettre au continent de booster son athlétisme. Par ailleurs, dans l’interview qu’il a accordée à l’Envoyé Spécial de Sud Quotidien, le Camerounais a fustigé l’attitude des médias occidentaux, qui selon lui, cherchent toujours à peindre l’Afrique d’un tableau noir. Pis, il a même soutenu que les cas de suspicions de dopage, révélés par la chaine allemande ARD et l’hebdomadaire britannique, The Sunday Times ne visent qu’à contester le leadership de Lamine Diack.   
 
Président Hamad Kalkaba Malboum, vous venez d’être élu vice-président de l’IAAF à l’issue du 50ème de l’instance internationale d’athlétisme à Beijing. Quel commentaire faites-vous de votre passage de représentant au vice-président au sein du Conseil ?
 
L’Afrique avait un grand plaisir avec le président Diack à la tête de l’IAAF. De façon unanime, son action a été reconnue. Là, il se retire, même s’il reste néanmoins disponible pour nous donner des conseils, par rapport à sa grande expérience. Il était donc normal, pour l’Afrique, d’espérer occuper une bonne place au sein de l’exécutif de cette grande instance qui gère l’athlétisme mondial. J’ai été élu et je pense que les Africains ont aussi souhaité que leur président aille les représenter à un certain niveau. Comme l’avait fait en son temps, M. Lamine Diack qui a été membre d’abord, puis vice-président, 1er vice-président et président.  
L’Afrique m’a choisi mais les autres continents aussi parce que j’ai pu réunir un score de 115 voix. Hasard de situation, c’est le même score que le nouveau président Coe a obtenu. C’est une mission pour l’Afrique parce que nous allons être là où le petit cercle des membres de l’IAAF, prend ses décisions pour le partager avec le Conseil, mais aussi le Congrès. 
Au-delà de votre «performance» au niveau de la représentativité, l’Afrique a perdu du terrain en passant de cinq à quatre membres ? 
C’est le vote. C’est la loi de la démocratie. Le suffrage s’exprime sur plusieurs raisons. Il y a la qualité des candidats, la façon de mener la campagne en bien ou pas et enfin, il y a la compétition qui est très dure avec les autres continents où chacun veut avoir le maximum. 
 
Peut-être que l’Afrique n’a pas eu les mêmes armes que l’Europe ou l’Asie. Il y a aussi des facteurs que nous déplorons. 
Lesquels ? 
 
Les Africains ne sont pas toujours très attachés à préserver leurs intérêts et surtout leur dignité. Il arrive que des gens cèdent à des tentations venant des autres continents. Certains, au lieu de servir l’intérêt du continent, ont succombé à des tentations en ne privilégiant pas l’intérêt continental. Ce sont des choses qui arrivent. Mais encore une fois, passer de cinq à quatre membres africains, ce n’est pas trop grave. L’essentiel, c’est d’avoir de la qualité. Mieux vaut avoir quatre bons dirigeants africains au lieu d’en avoir dix qui servent à rien. Ce n’est donc pas en terme en nombre qu’il faut voir les choses, mais en termes de qualité. Et les quatre qui sont là, sont bons. Nawal El Mountawakel, Francky Federicks, j’ai aussi coopté, le président de mon vice-président, le Kenyan Kenya David Okeyo qui est également président du comité du Cross Country. Je vais être au Conseil en tant que représentant de l’Afrique. C’est la position que j’occupais. Je peux me tromper mais, ces quatre personnes sont de qualité. Nous avions voulu avoir six membres dont quatre hommes et deux femmes. L’Ethiopienne a perdu l’élection. Notre collègue du Kenyan n’a pas pu être réélu non plus. 
Au niveau de l’Afrique de l’Ouest, au lieu de présenter un candidat fort, elle s’est présentée de manière disproportionnée. Ce qui pose problème. Mais, au-delà, il faut admettre que la démocratie ne se décrète pas. Il faut l’accepter. Seulement, retenez que l’Afrique est présente avec ses qualités. Elle est aussi présente sur le terrain. 
 
Après un bail de presque 16 ans, Lamine Diack quitte la présidence. Qu’attendez-vous de Sebastian Coe ? 
 
Je vous avais déjà dit que le départ de M. Diack à la tête de l’IAAF, ne pénalisera pas l’Afrique. Nous avons déjà fait en sorte que nos préoccupations soient prises en compte par les deux candidats. Nous avons établi un plan de cinq points : aux plans politique, économique (rires), sportif, technique et développement. Sans occulter la nécessité de connecter l’Afrique au niveau du calendrier mondial. Le groupe de travail dirigé par le sud-africain, Arona Dann a discuté avec les deux candidats qui l’ont heureusement tous les deux accepté. L’un d’eux est élu. Il faut qu’il respecte ses engagements. 
 
Sur le plan du développement de l’athlétisme en Afrique, vous des centres d’excellence mais aussi des centres intermédiaires à Lomé, Lusuka et au Nigeria. Qu’attendez-vous de Coe sur ce plan ?
 
Le président Coe m’a clairement fait savoir qu’il comptait me confier le secteur du développement. C’est très important. S’il confirme ce qu’il m’a dit verbalement, il appartiendra à l’Afrique de gérer le développement. Et comme on dit : «la bonne charité, commence par soit même». Nous allons résoudre un certain nombre de problèmes, par rapport à la position qui va être la nôtre. 
 
La baisse du niveau du sprint africain ne vous inquiète pas ? Notamment, avec les contreperformances d’Ahouré et d’Okagbaré qui faisaient pourtant partie du top 5 ? 
 
Je suis tenté de croire que les journalistes africains manquent d’objectivité. 
 
Ah bon ? 
 
On a une finaliste (Okagbaré, Ndlr), deux demi-finalistes (Ahouré et Talou, Ndlr). Sur les six confédérations continentales, combien ont pu mettre une finaliste et deux demi-finalistes ? Il faut que nous soyons lucides en voyant les choses en termes de progrès. Nous avons progressé chez les Femmes, même si nous avons reculé chez les Dames. Nous avons deux finalistes sur le sprint long (400 mètres). Au niveau des haies, on a même vu des Kenyans arriver en finale. C’est pourquoi, je ne partage votre point de vue. 
 
Pourtant Murielle Ahouré qui était vice-championne olympique et championne d’Afrique en titre n’a pas existé. Okagbaré qui est dans le top 3 mondial a terminé à la dernière place en finale.
 
Chaque compétition a ses réalités. Il n’y a personne -en dehors de cet exceptionnel Bolt et même lui, qui était à 9 sec 58, il est à 9 sec 79- qui est capable d’être tout le temps régulier. Ces 9 sec 58 là, on va attendre longtemps pour voir quelqu’un le faire. Il y a des choses qu’on ne peut pas répéter, mais on peut gagner plusieurs fois. 
 
La question du dopage est soulevée dans ces Mondiaux. Qu’est ce que la CAA a prévu pour qu’à défaut d’éradiquer ce fléau, qu’elle puisse la contenir ? 
 
La CAA soutient l’effort de l’IAAF dans la lutte contre le dopage. Mais, je dois dire que la presse occidentale n’a toujours pas dit les choses de façon objective. Il n’y a pas eu de cas de dopage. Ce qu’il y a eu, ce sont des suspicions. Une suspicion, ce n’est pas une culpabilité. Suspecter ne signifie pas qu’on est coupable. La compréhension n’a pas été à la mesure de ce que nous aurions pu attendre. Il y a beaucoup d’exagération. Nous avons continué à combattre le dopage. Nous avons toujours suspendu des athlètes. Nous effectuons même des contrôles hors compétitions et pendant les compétitions. 
Mais en contrepartie de tout ça, il faut relayer dans les médias, les vrais faits. Pour le moment, les gens crient : «il y a un scandale de dopage !» Ce n’est pas vrai. Il n’y a pas de scandale de dopage, d’autant plus que le journaliste lui-même dit qu’on suspecte. Pis, ils ont choisi la période 2001 et 2012, autrement dit, la période seulement où Lamine Diack était président. Quel est le caractère objectif que nous pouvons donner à ces allégations. 2012, ce sont les JO de Londres sous le magistère de Lamine Diack. C’est pour contester le leadership de cet homme. 
 
Vous suspectez donc qu’il y a une volonté manifeste de noircir l’œuvre de Lamine Diack à la tête de l’IAAF ? 
 
(Il coupe). Je ne suspecte pas ! Je le pense sérieusement, puisqu’on est au niveau des opinions et non des faits. La presse occidentale a toujours ce regard assez subjectif pour tout ce que le monde en développement fait. La pauvreté, c’est chez nous, les maladies aussi, les guerres c’est en Afrique. Même si ce n’est pas faux. Mais j’ai constaté que les autres médias occidentaux n’ont pris de recul. Ils se sont dits, comme c’est venu de BBC (sic), c’est extraordinaire. Personnellement, je suis totalement contre cette analyse subjective quand il s’agit de regarder en direction des Africains.
Au niveau de la CAA, nous allons combattre le dopage d’abord par l’éducation des athlètes et par les contrôles que nous faisons lors de nos championnats.  
 
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