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NICOLAS DEBRIMOU, PRESIDENT DE LA FEDERATION IVOIRIENNE D’ATHLETISME
«LE CIAD NE SUFFIT PLUS POUR L’ATHLETISME AFRICAIN»
Abdoulaye THIAM | 27/08/2015 | 10H58 GMT
 
(Beijing, CHINE) – C’est un président heureux que nous avons rencontré hier, au sortir du centre commercial Silker Market, lieu de rencontre de tous les hôtes de la Chine en cette période des Championnats du monde d’athlétisme. Shopping oblige ! Après un rendez-vous manqué, lundi dernier, Nicolas Debrimou accepte de se confier à Sud Quotidien. L’interview se déroule dans un taxi, aux côtés du président de la Fédération burkinabé d’athlétisme, Francis Frédéric Sidibé, qui n’a pas manqué de relever sa suprématie de Laetitia Bambara qui a déboulonner Amy Sène au lancer marteau en Afrique.  M. Debrimou quant à lui, loue les performances de Marie José Talou, finaliste du 100 mètres Dames et donne les raisons de la contreperformance de Murielle Ahouré. Par la même occasion, il dégage des pistes de solution pour le développement l’athlétisme africain, notamment sous-région. Parce que selon l’ivoirien, le CIAD à lui tout seul, ne suffit plus pour pallier à la demande.
 
Comment avez-vous vécu la finale et la demi finale du 100 mètres Dames du coté des ivoiriennes notamment Murielle Ahouré et Marie José Talou ? 
 
Depuis quelques temps, Murielle (Ahouré) a des ennuis physiques. C’est d’ailleurs pour cette raison quelle ne s’est pas inscrite au 200m dames. Lors de sa demi-finale  où elle a terminé 4ème avec un chrono de 10’’98, on n’a senti qu’elle n’avait pas les mouvements qu’elle avait dans le passé. Ce qui explique ses contreperformances. Elle va se remettre au travail quand tout cela sera réglé. 
Quand Marie José Talou, qui est au centre du CIAD, elle fait vraiment notre fierté. Elle a été révélée, il y a juste deux ans. Depuis, elle va de progrès en progrès. Réussir une place de demi-finale (3ème, 11’’04), pour une première participation, c’est un exploit.  Elle est classée parmi les dix meilleures mondiales à la suite de cette compétition.
 
Ahouré et Talou chez les Femmes, Wilfred Koffi chez les hommes. Quel est le secret de la Cote d’Ivoire avec tous ces jeunes champions qui émergent dans le sprint ? 
 
C’est vrai qu’avant, on notait la suprématie du Sénégal, du Nigeria, le Ghana, mais nous de notre coté, nous avons continué à travailler.  Nous avons un centre  d’espoirs à Yamoussoukro où nous faisons un travail de détection. Les athlètes sont détectés et mis dans le centre. D’ailleurs, le vice champion junior est un ivoirien. Une fois que les athlètes ont un potentiel, on les amène à l’extérieur. Voila notre secret. 
D’ailleurs, pourquoi amener nos athlètes à l’extérieur si on sait que Marie José Talou votre fierté, Amanthlé Monthso, championne du monde puis vice-championne olympique, Amy Mbacké Thiam, sont toutes sorties du CIAD ? 
Ce n’est pas mauvais de les faire partir à l’extérieur qui offre les conditions. Il faut aussi que nos athlètes soient en compétition avec d’autres athlètes d’un autre niveau. Les Etats-Unis, c’est la référence. C’est vrai que chez nous, on peut avoir le cadre et les entraineurs qu’il faut mais, Dakar ne suffit pas. Toute l’Afrique de l’Ouest, pour un seul de haut niveau, je trouve que c’est peu. Il faut noter aussi qu’à Dakar, on donne de moins à moins de bourses et le président Lamine Diack a déploré le nombre d’athlètes qui baisse au centre de plus en plus. On veut bien rester en Afrique mais, il faut des bourses. Si d’autres pays nous offrent des bourses gratuitement, on est obligé de saisir l’occasion. 
 
Pourquoi nos politiques n’investissent pas sur nos sportifs, alors qu’ils s’empressent souvent à faire de récupérer dès qu’il y a une performance ? 
 
Là, je vous rejoins totalement. Je ne sais pas pour le Sénégal mais en Côte d’ivoire, tout est pour le football et partout ailleurs en Afrique. C’est dommage ! L’athlétisme est considéré comme le sport mineur en Afrique. C’est certes un sport mineur mais, il reste une grande satisfaction pour nos pays. Il faut aider les athlètes pour qu’il ait le haut niveau. 
 
Qu’est ce que l’Afrique attend du nouveau président de l’IAAF, Sébastien Coe ?
 
La première chose, c’est la formation des encadreurs. C’est là, le gros problème de l’Afrique. Le nouveau président de l’IAAF, Sébastien Coe dans son programme a parlé d’aide avec la subvention de 25.000 dollars par an. Ce qui n’est pas rien mais, à mon avis, il faut multiplier la formation des encadreurs. A Dakar où la plupart des cadres sont formés au CRD/ IAAF dont El Hadji Dia Ba est le directeur, l’IAAF doit envoyer un encadreur par pays pour certaines disciplines. On a besoin de former la base pour remonter. On attend surtout du nouveau président des bourses pour les encadreurs. C’est le premier volet. 
Dés qu’il y aura suffisamment d’encadreurs, le travail à la base peut commencer car, le potentiel existe en Afrique surtout pour le «kid’s athletics» qui a toujours était le cheval de bataille du président Lamine Diack. Et si le programme de formateurs est mis en place plus tard, nous aurons des athlètes de qualité dans toute l’Afrique. 
 
L’Afrique doit-elle craindre l’après Lamine Diack ?
 
Non ! Je ne pense pas qu’on craigne l’après Lamine Diack, que je salue au passage. Et pour cause, l’athlétisme mondial en grande partie c’est l’Afrique. Le nouveau président doit accepter de continuer le travail du président Lamine Diack en poussant surtout l’Afrique car, nous en avons besoin. Si nous pouvons défendre nos besoins et les justifier, Sébastien Coe peut avoir plus de considération envers l’Afrique. 
 
A votre avis qu’est ce qui explique le déclin de l’athlétisme sénégalais ? 
 
(Rires). Je suis très mal placé pour répondre à cette question. Ce que je sais en revanche, c’est que l’athlétisme ivoirien a commencé à remonter il y a juste deux à trois ans avec le titre de vice-champion du monde avec Ahouré. 
L’Athlétisme est un cycle. Un moment donné, ça marche très fort et d’autres fois, non. Il faut dire que les générations d’athlètes apparaissent un moment donné et tout part d’un leader. Nous, en Cote d’Ivoire, depuis 2000, notre athlétisme était au creux de la vague. Il faut juste profiter de la performance d’un athlète de très haut niveau pour ouvrir les portes et aller de l’avant. Je suis sûr que l’athlétisme sénégalais va repartir. C’est juste une question de travail. 
 
Le football à Messi. Mais Usain Bolt est aussi comme du pain béni pour l’athlétisme ? 
 
Je vous donne un exemple, si un Thiam ou un Guèye explose au Sénégal, je vous assure tout le monde va suivre. Aujourd’hui Bolt a commencé par le sprint et on parle de la Jamaïque qui commence à être présent dans d’autres disciplines. Je vous souhaite d’avoir un Bolt au Sénégal et un super Bolt en Cote d’Ivoire. 
 
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